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Charles MAURRAS
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La France et les Français
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Nous mettons la France avant tout et, au service de la France, nous nous efforçons de placer des vues justes et des
idées vraies.
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Naître en France et de vieux sang français, alors même qu'on y procède du dernier des déshérités, c'est encore naître
possesseur d'un capital immense et d'un privilège sacré. C'est porter avec soi, en soi, un titre d'héritage. C'est acquérir
des possibilités de progrès moral et matériel qui n'ont été donnés avec cette abondance aux fils d'aucune autre Nation.
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Les longues durées historiques méritent, dans le passé, une admiration studieuse; dans le présent, notre dévouement
filial.
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Qu'il y ait une France, que la France subsiste, que ce trésor territorial, intellectuel et moral soit descendu à travers les
siècles jusqu'à nous, c'est un bienfait que tout citoyen et tout homme digne de ce nom doivent s'attacher à prolonger et à
perpétuer. Que la fin de chacun soit inévitable, les ouvriers de la société future ont le devoir de travailler à l'avenir, non,
comme on nous le fait dire avec une rare sottise, d'après les anciens plans, mais sur des plans conformes à ces grandes
lois éternelles qui permirent aux anciens plans d'être suivis.
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L'assise de la Nation française n'est très puissante, le dépôt de nos traditions ne s'est accumulé dans le peuple et dans
le pays que parce que la France existe autrement que par une trentaine et une quarantaine de millions de têtes vivantes.
Quarante millions d'hommes vivants, soit, mais un milliards d'hommes morts.
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La vraie assise, la voilà.
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extrait de "Mes idées politiques" (1937)
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Charles MAURRAS
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La Nation
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" L'idée de Nation n'est pas une "nuée" comme le disent les huluberlus anarchistes, elle est la représentation en termes
abstraits d'une forte réalité.
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La Nation est les plus vastes des cercles communautaires qui soient, au temporel, solides et complets. Brisez-le, et vous
dénudez l'individu. Il pêrdra toute sa défense, tous ses appuis, tous ses concours.
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Libre de la Nation, il ne le sera ni de la pénurie, ni de l'exploitation, ni de la mort violente. Nous concluons, conformément à
la vérité naturelle, que tout ce qu'il est, tout ce qu'il a, tout ce qu'il aimeest conditionné par l'existence de la Nation: pour peu
qu'il veuille se garder (se défendre), il faut donc qu'il défende coûte que coûte sa Nation...
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La Nation occupe le sommet de la hiérarchie des idées politiques. De ces fortes réalités, c'est la plus forte, voilà tout.
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La Nation passe avant tous les groupes de la Nation. La défense du TOUT s'impose aux PARTIES.
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Dans l'ordre des réalités, il y a d'abord les Nations. Les Nations avant les classes. Les Nations avant les affaires.
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Le droit des Nations participe de leur inégalité. Il contient donc de l'identique et du différent...la diversité de ces éléments est
une des causes de la diversité de l'Europe qui, elle-même, réagit aussi sur les Nations, par la variété de leurs cadres
territoriaux, des besoins et des ambitions, et des satisfactions que ces ambitions y reçoivent.
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Les mots suffisent à le dire, on se met d'un parti, on naît d'une Nation.
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On ne saurait trop répéter qu'il y a entre les deux termes la différence de l'Association à la Société.Ceux qui s'associent
créent l'élément commun établi entre eux. Les membres d'une société commencent par entre être. Ils peuvent y adhérer
ensuite, se révolter contre elle ou la quitter, mais elle leur préexistait."
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extrait de "Mes idées politiques" (1937)
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Charles MAURRAS
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Le principe d'ordre
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"Comme il ne saurait exister de figure sans le trait qui la cerne ni la ligne qui la contient, dès que l'Etre commence à
s'éloigner de son contraire, dès que l'Etre est, il a sa forme, il a son ordre, et c'est cela même dont il est borné (délimité) qui
le constitue.
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Quelle Existence est sans essence? Qu'est-ce que l'Etre sans la Loi? A tous les degrés de l'échelle, l'Etre faiblit quand
mollit l'ordre; il se dissous pour peu que l'ordre ne le tienne plus.
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L'ordre n'est qu'un moyen. C'est un point de départ. Rétablir l'ordre restitue une atmosphère favorable à l'action de l'esprit
comme à celle du corps. Cet ordre rend l'oeuvre possible ou meilleure. Il lui garantit la durée, lui fournit des auxiliares ou
des protecteurs.
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La règle humaine ne consiste pas à tuer, à détruire, ni à anéantir le sujet qu'elle doit, au contraire, développer en le
maintenant dans sa voie.
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Nécessité de subordonner pour coordonner et pour ordonner, il n'y a point de faribole d'orateur qui puisse aller contre cette
mathématique!
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Se conformer à l'ordre abrège et facilite l'oeuvre. Contredire ou discuter l'ordre est perdre son temps.
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L'ordre, on l'a dit, est une justice supérieure.
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pour l'ordre hitorique et politique, AVOIR n'est rien si l'on n'est en mesure de GARDER aussi.
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A la guerre comme dans la paix, l'ordre est précieux entre tous les biens. Avec sa fausse dureté, avec sa rigueur apparente,
il économise les existences, comme il mesure et utilise les efforts.
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Le soldat qui se plaint de l'ordre est l'ennemi de lui-même. L'aveugle bonté qui fait chorus avec ce soldat est une ennemie
du soldat. Ennemie inconsciente ou volontaire; qu'importe l'intention si elle l'envoie à la mort?
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Justement parce qu'il est ingrat et léger, parce que l'oubli et l'instabilité lui sont ordinaires, l'homme s'est aperçu de bonne
heure qu'il lui faut rechercher, dans le Temps qui change sans cesse, des POINTS DE REPERES immobiles, d'invariables
points d'appui, toutes les fois qu'il tient à réaliser un dessein de quelque importance, qu'il veut être fidèle à son but et à son
amour".
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extrait de "Mes idées politiques" (1937)
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